Appel à idées
Paris (75)
Paris (75)
Programme : Appel à idées
Localisation : Paris (75)
Maitrise d'ouvrage : Pavillon de l'Arsenal
Equipe : oda (architecte mandataire), Ecovégétal (Bureau d'études techniques)
Images : oda
L’Unesco a ajouté le mercredi 4 décembre 2024 à sa liste du patrimoine culturel immatériel les savoir-faire des couvreurs-zingueurs et des ornemanistes parisiens, une reconnaissance pour ces façonneurs des toits de Paris et d’ailleurs qui sont aujourd’hui aux premières lignes de l’adaptation au changement climatique. Tirant leur nom du zinc, ce métal gris qui recouvre près de 80 % des toitures parisiennes soit environ 100 000 toits et 20 millions de m2, les couvreurs-zingueurs ont, avec les ornemanistes, contribué à la conservation du patrimoine et la réalisation d’ouvrages contemporains.
Ces savoir-faire doivent aujourd’hui s’adapter à la rénovation thermique des bâtiments. « Les toits sont à l’avant-poste du changement climatique, car leur adaptation se met en confrontation avec l’esthétique et le patrimoine », résume Alexandre Florentin, conseiller du groupe écologiste à la mairie de Paris et président de l’étude Paris à 50°C publiée en 2023.
Lors des canicules l’été, les chambres situées sous les toits en zinc deviennent de véritables bouilloires thermiques.
Les épisodes de forte chaleur se répètent désormais plusieurs fois chaque année. Sous les toits, il fait 5 à 10°C de plus qu’à l’extérieur. Les matériaux urbains comme le béton ou le zinc, absorbent la chaleur pendant la journée et la relâchent lentement la nuit, créant ce que les climatologues appellent des « ilots de chaleur urbains ». En haut des immeubles, la chaleur reste piégée sous les toits, prolongeant la suffocation bien après le coucher du soleil.
Au-delà d’être une source d’inconfort, la chaleur dans les logements représente également un enjeu de santé publique. Plus de 15 000 personne sont décédées en France pendant l’été 2023 à cause de la chaleur, dont 1 500 pendant les canicules. 75 % de ces décès sont survenus chez des personnes de 75 ans et plus.
En 2023, 20 000 recours aux soins d’urgence en lien avec la chaleur ont été observés, dont 10 600 ont été suivis d’une hospitalisation. Si les personnes âgées sont les plus à risque, les femmes enceintes, les enfants, les porteurs de maladies chroniques et les personnes sans logement ou mal logées sont également particulièrement vulnérables.
Les modifications possibles des toitures sont souvent refusées par les Architectes des Bâtiments de France, comme par exemple la possibilité de peindre les toits, d’isoler par l’extérieur ou de remplacer les toitures traditionnelles par des toitures végétalisées.
Le projet propose un système rapporté de végétalisation sur les toitures existantes en zinc. Il s’intègre dans le rythme des joints du toit et participe ainsi à la conservation de l’image patrimoniale de Paris et de la première couronne.
Il s’agit d’un système posé sur la couverture en zinc entre deux tasseaux et évite un rayonnement solaire direct sur le métal qui peut atteindre 80°C lors d’épisodes caniculaires de 40°C.
Cette couche végétalisée et désolidarisée du support recrée une lame d’air qui permet à la chaleur de circuler et de décharger les calories libérées par le métal.
Ce tapis léger ne remplace pas le zinc, il est posé, fixé et maintenu mécaniquement à l’aide de pattes découpées, pliées et soudées par le couvreur.
La ville doit développer des solutions pour s'adapter à la crise climatique et améliorer le cadre de vie de ses habitants. Ce projet propose la végétalisation des toits en zinc, une réponse technique simple dans le respect du savoir-faire des couvreurs-zingueurs et de la valeur patrimoniale des toits de Paris et sa première couronne.